jeudi 28 juillet 2011

PARIS : Claude Cahun au Musée du Jeu de Paume

Si vous êtes à Paris cet été (parti comme il est parti, il sera visiblement plus propice aux visites de musées qu'aux bains de soleil et aux piques-niques), de passage ou pas, désœuvré ou non, vous vous devez de faire un passage éclair au Musée du Jeu de Paume pour y visiter la courte mais néanmoins formidable exposition retraçant le travail photographique de Claude Cahun. Encore inconnu jusqu'au début des années 80, cela fait maintenant vingt ans que l'on redécouvre son oeuvre d'un avant-gardisme hallucinant, d'une modernité exceptionnelle, presque dérangeante.




Née Lucie Schwob en octobre 1894 (elle prendra le pseudonyme de Claude Cahun à partir de 1917), cette artiste, bien que très proche du mouvement surréaliste, et ce durant toute sa vie, reste néanmoins inclassable, en marge à bien des conventions sociales et artistiques. En grande partie consacrée à des autoportraits où elle se met en scène, livrant là les prémices de ce qu'on appelle aujourd'hui "performance", son oeuvre photographique n'a de cesse d'interroger les notions de sexualité, de genre et d'identité. Tour à tour cheveux rasés (une hérésie pour une femme à l'époque), grimée, travestie, déguisée, masquée, cette "mutante" nous ballote d'univers inquiétants, sombres, presque glauques à d'autres complètement fantasmagoriques, rêvés et enchanteurs. 

Outre cet axe de lecture principal, l'exposition du Jeu de Paume présente aussi d'autres facettes moins connues de son travail : son engagement politique, plutôt radical, qui donnera lieu à la série des Poupées (1936) - personnages en papier journal qui mêlent révolte, provocation et ironie - et sa relation artistique et intime avec sa compagne Suzanne Malherbe, qui l'assiste dans la majorité de ses prises, une relation qui se cristallise dans la série des photomontages Aveux non avenus (1930).



  « Brouiller les cartes. Masculin ? Féminin ? Mais ça dépend des cas. Neutre est le seul genre qui me convienne toujours. S’il existait dans notre langue on n’observerait pas ce flottement de ma pensée. Je serais pour de bon l’abeille ouvrière. »
Claude Cahun, Aveux non avenus, ch. VII « H.U.M. (Fear) », Paris, Éditions du Carrefour, 1930, p. 176



Claude Cahun
Jusqu'au 25 septembre 2011
Musée national du Jeu de Paume - Concorde
1, place de la Concorde - 75008 PARIS
www.jeudepaume.org
Tarif plein : 8,50 € / tarif réduit : 5,50 €

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