mercredi 31 août 2011

PARIS : Fred le Chevalier #2




C'est toujours aussi élégant, c'est toujours aussi poétique... Vous pouvez retrouvez de nouveaux collages de Fred le Chevalier, artiste de streetart qu'on avait déjà présenté il y a quelques temps (voir l'article précédent), rue du Calvaire, en contre-bas de la place du Tertre, à Montmartre. Descendez (ou montez) la volée d'escaliers en compagnie de ses jolis personnages, petits jardiniers coiffés de fleurs qui vous regardent du coin de l'oeil, impassibles dans leur perpétuelle fuite en avant... Plongez dans les yeux immenses de ces petits êtres aux visages oblongs, habillés de noir, qui portent leurs petits coeurs rouges ou verts en boutonnière...








      

[Rue du Calvaire - Paris 18]

  

lundi 22 août 2011

METZ (environs) : Le U4, haut-fourneau de Uckange




Il est coutume de dire qu'on ne fait pas d'une deux-chevaux une Ferrari : on pourrait donc penser qu'il serait impossible de faire d'un vieil équipement industriel crasseux et décrépit une vraie expérience artistique à vivre le temps d'une visite... Eh bien le U4 est là pour vous prouver le contraire, l'une des exceptions qui confirment la règle ! Pour comprendre tout cela, je vous propose de passer par notre petite étape "Un peu d'histoire" :

À la fin du 19ème siècle, après la guerre de 1870, la Moselle est désormais rattachée à l’Allemagne. C’est la période du deuxième essor de l’industrialisation. Le territoire est riche en minerai de fer. En 1890, Uckange se voit choisi comme lieu d’implantation d’une usine à fonte par les frères Stumm. Celle-ci est composée à l’origine de 4 hauts-fourneaux (grands fours destinés à la fabrication de la fonte à partir du minerai de fer) et, à partir de 1904, on lui en compte deux de plus.

L’usine étant située entre chemin de fer et la Moselle, l’acheminement de la production est optimal et approvisionne à travers toute la France des usines de fabrication automobile, de bâtis de machines ou de sanitaires. Cette production trouve aussi destination auprès d’aciéries, alors sous forme liquide, afin d’être affinée.

Le site devenant filiale d’USINOR, il se modernise de 1966 à 1970. À cette époque, l’usine tourne 24 heures sur 24 et emploie plus de 1000 ouvriers. Mais, prise d’assaut par la concurrence du minerai d’outre mer, de la crise généralisée, de l’abandon de l’usage  général de la fonte, dès 1980, l’usine ferme un à un ses hauts-fourneaux. L’été 91 est celui de l’annonce publique de la fermeture définitive du site : c’est un choc pour tout le monde. Pendant six mois, syndicats et ouvriers luttent, les manifestations et pétitions se multiplient avec pour slogan « l’emploi au cœur ». Le 17 décembre 91, le Gueulard Principal souffle pour la dernière fois, la population est alors conviée pour assister à la dernière coulée, « refermant ainsi une page entière de l’histoire franco-allemandes des patriotes du fer ».

Après des années d’abandon (depuis 1991, soit près de 15 ans), la communauté d’agglomération du Val de Fensch devient propriétaire du site en 2005. L’objectif est de valoriser ce symbole et de faire du site d’Uckange un pôle attractif autour de la sidérurgie, «  favoriser l’appropriation par le public de ce symbole fort du patrimoine industriel de la vallée ». D’abord volonté d’une association, MECILOR, qui s’est battue depuis 1991 pour éviter que l’on réserve au U4 le même sort que celui des autres hauts-fourneaux, la conservation du U4 s’est aussi vue étudiée. Ces rapports mettent en avant l’importance de la conservation d’un tel site en tant qu’unique représentant d’une génération d’appareils et d’installations qui ont vu le jour pendant la période de la seconde industrialisation, mémoire de la sidérurgie des années 1930.






Toujours avec la même volonté de revaloriser le site, la communauté du Val de Fensch a souhaité lui donner une nouvelle légitimité en mettant le U4 en avant de manière différente mais significative, le voir renaitre sans céder à une nostalgie du temps sidérurgique passé. C’est pourquoi elle formule le souhait de voir se créer sur le site une création in situ d’un artiste. C’est dans le cadre de Luxembourg-Grande Région Capitale Européenne de la Culture 2007 qu’une commande publique est alors réalisée avec le soutien du Ministère de La Culture et de La Communication (DRAC Lorraine). Il s’agit d’une multi vision nocturne in situ baptisée Tous les Soleils et réalisée par le plasticien Claude LévêqueMise en lumière et cheminement visuel redonnent à l’usine un nouveau visage. Le souhait de l’artiste a été de faire disparaître l’unique image de « vielle usine rouillée » du lieu pour marquer son architecture en tant qu’objet artistique par l’ajout d'éléments lumineux de toutes sortes, à dominantes de rouge et de jaune, et de peintures.

C’est d’abord une œuvre titanesque qui peut s’apprécier de l’extérieur du site, voire même de l’autoroute qui est toute proche. En ça, le U4 réinvestit complètement, dès la nuit tombée, le site, le territoire et la vallée toute entière. De l’intérieur, c’est une installation monumentale qui redonne vie à la vieille usine abandonnée. Les jeux de lumières jaillissent des entrailles de la cathédrale de fer tels les flammèches qui, auparavant, s’échappaient du « gueulard », ou les flots de matière en fusion qui rougeoyaient dans la halle de coulée. Le haut-fourneau, jusqu’à maintenant inutile et abandonné, devenu une verrue dans le paysage, reprend la majesté de l’époque de son activité en retrouvant la dynamique, l’animation, la vitalité qui était la sienne à l’époque de son exercice.

Pour permettre la déambulation des visiteurs en toute sécurité dans le site, des passerelles ont été installées. Sur un même circuit, deux visions sont possibles en fonction de l’heure de visite :
·         Le Jour : découverte de l’usine sous son jour productif. La visite est conduite par des membres de MECILOR, association d’anciens sidérurgistes et ouvriers du U4, ce qui permet une vision la plus proche possible du fonctionnement du haut-fourneau et un évocation réaliste du métier de sidérurgiste sous tous les aspects, qu’ils soient professionnels, sociaux ou politiques.
·         La Nuit : vision du travail de l’artiste et de la mise en lumière. Les visiteurs déambulent dans la structure à leur propre rythme et s’approprient l’œuvre et le monument dans le même regard.







Il en résulte de tout ça un site absolument incroyable, une espèce de ville fantôme à l'odeur soufrée, un bout d'histoire sur lequel le temps s'est arrêté. Vous y déambulez comme si les ouvriers venaient de quitter l'endroit une heure plus tôt, mais des indices vous font sentir qu'ils n'y reviendront plus : la végétation reprend tout doucement l'ascendant sur le tas de taules, les bruits sonnent bizarrement le vide et le creux... C'est  ce sentiment mitigé qui ne vous quitte pas pendant les 50 minutes de la visite, la sensation de présence et d'absence conjointe... De la région ou pas, c'est une vraie expérience artistique (une des rares qui peut vraiment se prévaloir du titre) que vous devez tentez : vous n'en ressortirez pas comme vous y êtes entré !

Pour retrouver toute la programmation artistique du lieu : le site du haut-fourneau U4
Parc du haut-fourneau U4
1, Jardin des Traces
57270 UCKANGE

Tarif : 3 euros
  
  

mercredi 10 août 2011

PARIS : Aux deux amis - Rue Oberkampf

Vous vous baladez dans les coins de la place de la République et vous êtes pris d'une petite soif que vous apprécieriez bien d'étancher avec un doux breuvage, accompagné de quelques petits grignotis légers mais savoureux, originaux mais sans chichi... Petit détail, mais qui a son importance : il est moins de 19h ! Hé oui, parce qu' Aux Deux Amis (puisque c'est de ça qu'il est question), c'est un peu le raz-de-marée une fois l'heure fatidique passée et si vous voulez vous attabler, mieux vaut arriver tôt ! 

Sinon, qu'est-ce qui vaut le coup ? Sans doute pas la déco : avec sa mini-terrasse, son ambiance formica de vieux PMU, ses néons qui rendent une lumière un peu dégueue, cela ressemble plus à un vieux rade qu'au dernier bar à la mode... Néanmoins, il se dégage de tout ça une atmosphère chaleureuse, bon-enfant, conviviale, synonymes qu'on peut également appliquer à toute l'équipe gérée par un ancien du Chateaubriand.




Alors quoi ? Ben déjà, une carte des vins assez "éprouvante" : y en a, de la bonne chose à boire là-dedans ! Si vous êtes amateur éclairé, vous y trouverez la petite perle rare que vous apprécierez dégoter ou la petite nouveauté qui va aviver votre curiosité, et si vous êtes un éternel novice en termes oenologiques, il vous suffira de vous laisser porter les très bons conseils des serveurs qui vont vous en sortir une bonne de derrière les fagots ! 

Ensuite, niveau grignotis, ça assure aussi ! Sur une formule tapas, on vous sert des assiettes bien garnies de choses affriolantes à la vue et au goût ! Vous donner un aperçu de la carte serait complètement sournois et fallacieux : elle change en grande partie à vitesse grand V au rythme du marché, des produits frais qui la composent et des envies. À titre d'exemple, vous voyez sur les photos une tortilla (carte fixe), une espèce de rémoulade de concombres avec du hareng et un plat de mozzarella fumée avec un pesto de tomates séchées. La carte fixe présente de très belles valeurs de référence (burrata, chorizo, pata negra, etc.) et celle qui varie repose sur des plats originaux, aux noms souvent délurés (on se rappelle par exemple d'un "techno-viking" de haddock), qui entremêlent savamment les saveurs sans les dénaturer. On sent le produit frais, on sent le produit de qualité, on aime la cuisine simple et goûteuse ! Et l'addition est très légère ! Donc dépêchez-vous : s'il n'est pas encore 19h, vous avez une chance de pouvoir vous y installer !


     


RESTAURANT AUX DEUX AMIS
45, rue Oberkampf 
Paris 11 (75011)
MÉTRO : Filles du Calvaire, Oberkampf, Parmentier, République
TÉL : +33 1 58 30 38 13
Fermé dimanche et lundi

   


lundi 1 août 2011

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