lundi 30 avril 2012

PARIS : Le monde de Tim Burton à la Cinémathèque française



Très difficile de revenir avec des images de cette exposition : on vous saute régulièrement dessus pour vous faire effacer les rares clichés que vous avez réussi à prendre, votre Iphone coincé sous votre bras, genre "non-mais-j'aime-juste-porter-mon-téléphone-sur-le-coeur-pour-avoir-l'impression-que-tous-mes-amis-partagent-cette-merveilleuse-expérience-culturelle-avec-moi...". (à ce propos, saluons l'incroyable performance de Mzelle Fraise dans cet exercice : clique ici !) Bah non, là, sipapousib ! Et comme on sait que c'est le jeu, ma pauv'Lucette, ben on l'accepte... Même si on sait que l'on va avoir toutes les peines du monde à vous raconter ce petit moment merveilleux, cette pause dans la morosité, ce flash-back dans l'enfance, les contes, les rêves inavoués,  les paysages imaginés, les montres tant craints...  
Oui, je l'avoue sans peine, c'est une des plus belles expositions que j'ai faites depuis longtemps. Un savant mélange entre ce que je voulais voir, ce que je savais que j'allais voir, ce que je ne voulais pas voir et que je n'ai pas vu, ce que je ne savais pas que j'allais voir et qui m'a scotché, ce que j'ai découvert et que j'ai envie d'explorer maintenant et ce qui remporte définitivement mon adhésion et me fait adorer ce créateur ô combien génial. Oui, ce mec a un monde à lui, on ne va pas revenir dessus, tout le monde l'a déjà dit : tout ce qu'il fait est assez parlant, voire criant, et fait de lui un personnage hors-normes. Oui, ce mec a un talent fou : on connaît ses films qui sont de petits bijoux de précisions, une horlogerie sans égal qui bat au rythme de sa fantaisie et de ses imaginaires... Cette exposition a le grand mérite de nous ouvrir une porte sur un autre de ses talents : le dessin. Quand on s'intéresse à Tim Burton, on sait qu'il a commencé comme dessinateur chez Disney, après de brillantes études, et que le graphiste de génie qu'il est a réussi à combiner tout cela dans ses films. Mais force est de constater qu'on est souvent bien loin de s'imaginer la puissance et l'incroyable magie que ses compositions offrent. Posez deux secondes le regard sur une illustration et vous rentrez immédiatement dans une bulle, une faille spatio-temporelle où votre imagination se mêle à la sienne pour donner vie à ces créatures étranges dont il a noirci de très nombreuses pages de sketch-books. Il s'est naturellement intéressé aux contes (Hänsel et Gretel, Alice au pays des Merveilles, etc.) et s'est imprégné de l'univers fantastique d'Edgar Allan Poe pour qui il voue une vraie adoration. Tout cela lui a permis de développer cet imaginaire gothique, peuplé de freaks, de monstres, de personnages surréalistes, drôles ou effrayants, une plongée constante et dépaysante dans ce monde de l'enfance que nous perdons tous à un moment ou l'autre. 


Crédit photos : © Stéphane Dabrowski

Allez donc découvrir ses premiers travaux travaux pour aboutir à ses plus grands succès : dessins, peintures, films, figurines, costumes, etc. Un parcours d'une grande intégrité artistique, d'une fidélité exemplaire aux mêmes collaborateurs (non moins talentueux), d'une constante réinvention, d'une précision diabolique qui ne laisse rien à l'improvisation... Pénétrez dans l'univers fantasmagorique de ce créateur unique qui synthétise des dizaines d'années de cinéma fantastique, de nouvelles, de romans, de bandes-dessinées, d'illustrations ayant trait au surnaturel.



Tim Burton - L'Exposition
à la Cinémathèque française
51 rue de Bercy -75012 PARIS
Lundi, mercredi à vendredi  : 12h-19h / Week-end, jours fériés et vacances scolaires (14 au 29 avril et 4 juillet au 5 août) : 10h-20h / Nocturne le jeudi jusqu'à 22h / Fermeture le mardi et le 1er mai.
Plein tarif : 11€ / Tarif réduit : 8€50 / Moins de 18 ans : 5€50


lundi 23 avril 2012

PETITS DÉTOURS : Week-end sous la pluie normande

Quelques bons produits, quelques escapades brocante pour conjurer le ciel peu clément... et ne pas oublier de se relaxer !


  




mardi 17 avril 2012

PARIS : Berenice Abbott au Jeu de Paume vs Helmut Newton au Grand Palais

Deux expositions battent actuellement leur plein au plein cœur de Paris, à quelques stations de métro d'écart. Toutes deux annoncées comme ZEU évènement du printemps, elles accueillent l'œuvre de deux artistes qui ont laissé leur trace dans l'histoire de la photographie. Et c'est bien là leur seul point commun. 

Le Musée du Jeu de Paume a choisi la très américaine Berenice Abbott : un parcours qui retrace l'évolution de cette photographe "touche à tout" qui fait son apprentissage auprès de Man Ray (rien que ça !) en tirant le portrait de célébrités et de mondains de l'époque. C'est au contact de l'artiste parisien qu'elle fait la rencontre déterminante d'Eugène Atget, dont la démarche de photographe urbaniste, déjà en opposition au picturalisme, va influencer une grande partie de son travail, dont son plus célèbre projet : Changing New York. Il naît lors d'un de ses passages à New York où elle s'aperçoit des profonds changements qui s'opèrent dans cette ville qu'elle ne reconnaît plus. 

« Le rythme de la ville n'est ni celui de l'éternité ni celui du temps qui passe mais de l'instant qui disparaît. C'est ce qui confère à son enregistrement une valeur documentaire autant qu'artistique. »

Illustrant la diversité de sa production foisonnante, l'exposition présente également des clichés pris sur la route 1, une série de portraits et paysages de l'Amérique paysanne, mais aussi ses derniers travaux de photographie dite "scientifique" qu'elle aborde à la fin de sa carrière, quelque peu désabusée par le milieu, dans le but de démocratiser la science et la culture en général. La reconnaissance tardive qu'on lui accordera à la toute fin de sa vie ne l'empêchera pas de mourir dans l'amertume. 



 

Si c'est toujours un plaisir de retrouver le Jeu de Paume, ses expositions brillamment pensées, la fluidité de ses installations, la pertinence de son propos et l'intelligence des points de vue abordés, il n'en est pas forcément de même pour le Grand Palais qui accueille en ce moment une partie de l'œuvre d'Helmut Newton. L'exposition est particulièrement consensuelle, mal organisée et sans vrai parti-pris artistique, laissant le visiteur déambuler seul parmi des clichés parfois exposés jusqu'au plafond (ramasse tes vertèbres cervicales !) et bien sages par rapport au travail sulfureux du photographe qui a inventé le "porno-chic". Si l'on retrouve de grandes thématiques, on a du mal à vraiment saisir les différentes facettes de cet artiste ô combien  intéressant, souvent réduit à de très belles photographies de mode et à la célébration de la féminité  dans tout ce qu'elle de plus complexe. Cependant, l'exposition regroupe de grands clichés et brasse plutôt large : on sera toujours sous le charme des portraits de Saint-Laurent et glacé par celui de Le Pen, entouré par ses dobermans. On aurait quand même aimé quelque chose de moins timoré, une immersion plus personnelle dans le monde d'Helmut et moins le catalogue du travail de Newton.



  


    


Berenice Abbott au Jeu de Paume
jusqu'au 29 avril 2012 Mardi de 11h à 21h / Du mercredi au dimanche de 11h à 19h / Fermeture le lundi, y compris les jours fériés

Helmut Newton au Grand Palais 
Jusqu'au 17 juin 2012 - Tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 22h / Fermé le 1er mai / Ouverture exceptionnelle les mardis 17 et 24 avril 2012, de 10h à 22h et le samedi 19 mai 2012 de 20h à minuit dans le cadre de la nuit européenne des musées

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