lundi 30 mai 2011

PARIS : Dave St-Pierre au Théâtre de la Ville

On rentre dans la salle et le ton est tout de suite donné : un homme, nu, coiffé d'une longue perruque peroxydée et bouclée, est assis en fond de scène. Il bouge, se dandine, cloué sur sa chaise, agite frénétiquement les bras en saluts et invective les spectateurs de manière sympathique alors que rien n'a encore commencé.

Ainsi débute Un peu de tendresse, bordel de merde ! de Dave St-Pierre. Très tôt immergé dans le milieu de la danse, le chorégraphe canadien n'a depuis de cesse de créer et d'interpréter avec ardeur, boulimie, exhaltation, frénésie... et pour cause ! Atteint par une fibrose kystique (ou mucoviscidose) et n'ayant qu'une espérance de vie moyenne de 37 ans, il se fixe alors de repousser ses limites, d'explorer tout se qui passe à portée de ses envies et de travailler comme un forcené. En 2009, dans Over my dead body, très affaibli par la maladie, il se met en scène, au crépuscule de sa vie... mais, dans la même année, se fait greffer deux poumons et renaît miraculeusement, retrouvant son souffle et toutes ses capacités de danseurs.

Bon, c'était la parenthèse sérieuse du post, parce que pour le reste... Wooow ! ! Ça décoiffe ! ! De la tendresse, et plus particulièrement de l'absence de tendresse, il en est question : sur scène,  on se rencontre, on se sépare, on se choque, on se lie, se délie, instinctivement, primairement, charnellement. Les genres changent et s'échangent, hommes efféminés et femmes virilisées, on oscille entre rire (parce que c'est drôle, vraiment !) et émotion simple, sans chichi ni pathos, qui embrasse toute la salle, entre vulgarité assumée et poésie de l'instant, entre violence quasi-insupportable et ... ben et un peu de tendresse ! Le tout dans une ambiance délurée, décomplexée, où le spectateur impliqué, secoué, pris à partie, malmené, est autant dans la salle que sur scène. La danse dans tout ça ? De très beaux moments, d'une rare puissance, où le chorégraphe pousse ses danseurs dans des retranchements esthétiques et graphiques saisissants, et montre avec intelligence qu'il a complètement intégré la leçon bauschienne (la rangée de chaise du fond, hommage à Café Müller).

Une mention spéciale pour Sabrina, madame loyale de la soirée, qui mène et emmène la pièce d'un bout à l'autre par des interventions en anglais, traduites instantanément de manière littérale comme par un mauvais site internet. Le voyage en terre St-Pierriène se termine par une magnifique scène d'une beauté fulgurante où les corps dénudés glissent et se frôlent sur un plateau recouvert d'eau savonneuse, dans une fluidité et une sensualité, un peu (beaucoup) de tendresse (on y revient, bordel de merde !) qui fait définitivement la nique aux premières scènes ! Du très beau spectacle !


Et la ptite vidéo qui va bien :

lundi 23 mai 2011

PARIS : Régis-R — Inside Out — Since. Upian Gallery

Oups, on a un peu loupé le coche pour ce truc ! On est passé devant un peu par hasard, en nous rendant compte que l'installation, ou plus précisément le "wall-painting" Inside Out de Régis-R y était déjà depuis le 18 mars dernier et que l'exposition du même nom dans laquelle il s'insérait, prenait fin, logiquement, le 30 avril (nos photos datent du 18 mai)... Ne doit subsister que cette oeuvre extérieure ! Et tant mieux !



[Since. Upian Gallery - Rue St Maur, 10ème arrondissement]

Ça raconte quoi ? Régis-R, formé aux Arts Déco, travaille et réfléchit sur notre quotidien et notre capacité assez phénoménale, nous, êtres humains, à rejeter des déchets que nous sommes incapables de gérer. Toute l'exposition intérieure mettait en scène les interactions entre nos ordures et notre intérieur, une véritable étude qui, en définitive, légitime le matériau mort et nous pousse à les assumer. En reversant la situation et en dévoilant ce que nous nous appliquons à dissimuler, le wall-painting termine cette réflexion, invite le passant à pénétrer cet intérieur poétique et virtuel et à bouleverser son quotidien de consommateur.

Un petit making-off du montage :


lundi 16 mai 2011

PARIS : Sardine animal

Késako "Sardine animal" ? Un nouveau concept de fooding ? Un ancienne marque de conserves de la mer remise au goût du jour par un petit-fils ayant racheté l'entreprise familiale ? La fille cachée de Manimal qui ne peut se transformer qu'en sardine (et accessoirement rescapée des périodes où sont père se transformait en mouette) ?


   


Que nenni ! Sardine animal est une très talentueuse dessinatrice qui vous emporte dans un univers décalé et naïf peuplé d'animaux et de petits bonshommes à l'allure sympathique (nos photos ne sont pas forcément représentatives...). Bon, et dans tout ça, vous me direz... c'est quoi "Sardine animal" ? ? ? ... Alors, accrochez-vous, voici l'explication fournie par la principale intéressée : perdue dans la forêt après être descendue du car sur une aire d'autoroute, elle est recueillie par une meute de loups, qui l'appellent Sardine puisque c'est le seul mot qu'ils réussissent à prononcer avec leurs babines. "Animal" vient plus tard, ajouté par les policiers qui la retrouvent. Vous suivez ? Ha ha ! Attention, ce n'est pas terminé : sa passion pour le dessin d'animaux vient de l'époque où elle habitait la grotte des loups, grotte sur les parois de laquelle elle dessinait ce qu'elle avait envie de manger... Huuum moui ! 

Bref ! Allez vite découvrir le travail de cette brillante jeune fille sur son site : Sardine animal

Et n'oubliez pas, toujours plus d'articles sur le streetart en cliquant ici ! 

    

vendredi 13 mai 2011

PARIS : Keith magazine réinvente les singes de la sagesse


Keith Magazine, excellent magazine culturel gratuit, tant dans le contenu que dans la forme, sait également faire parler de lui... Il reprend ici l'image des Singes de la Sagesse, ce symbole animalier asiatique dans lequel l'un des animaux n'entend pas, le deuxième ne dit rien et le troisième ne voit rien. 


[Paris - Quai deValmy/Rue Jean Poulmarch]

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vendredi 6 mai 2011

PARIS : Fred le Chevalier

                                 



[Paris - Marais]


Dans la série "artistes bien doués comme il faut", après le dernier post sur Tristan des Limbes (suffit de descendre un peu), voici une (très) maigre sélection des collages de Fred le Chevalier, un univers tout en noir, blanc et rouge que vous pouvez découvrir sur son blog Fred le Chevalier ou sur sa page facebook .

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mercredi 4 mai 2011

PARIS : Les Chimères de Jan Fabre à la galerie Templon

Est-il encore besoin de présenter Jan Fabre ? Oui ? Bon, ok... Jan Fabre est un artiste belge polymorphe qui est aussi à l'aise dans les arts plastiques (sa formation initiale) que dans la performance, la mise en scène ou la chorégraphie. Dans ces derniers domaines, il a pour habitude de créer la polémique (le buzzzzzz, comme on doit dire maintenant !) en maniant des images parfois violentes, obscènes, dérangeantes dont la radicalité déstabilise le public français, bien plus frileux que le public belge à ce type de manifestations artistiques transversales. (bio complète)



C'est le plasticien que reçoit la Galerie Daniel Templon, rue Beaubourg : l'artiste y est invité pour deux expositions simultanées. Dans Art keep me out of Jail, il s'identifie au gangster Jacques Mesrine à travers des photos et vidéos. Pour Chimères, c'est un travail d'interrogation autour de l’interaction entre le corps et l'esprit : sculptures, photos et dessins sondent la dimension poétique du cerveau, organe siège de la création artistique qui leur a elle-même donné naissance.





























Jusqu'au 21 mai 2011.
Pour en savoir plus sur l'exposition : site de la galerie Templon

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lundi 2 mai 2011

PARIS : Tristan des Limbes


Après l'animalerie exotique des THTF (article du 7 mars), c'est au tour de Tristan des Limbes, artiste pluridisciplinaire et pluritalentueuse, d'envahir le 3ème arrondissement de Paris avec ses petits personnages torturés tout droit sortis d'un Munch ou d'un Dix... 









































[Paris - Marais]

Pour en savoir plus sur Tristan des Limbes : son site internet

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