lundi 29 novembre 2010

PARIS : Sophie Calle au Palais de Tokyo / Rachel, Monique

Pour faire vivre le chantier actuellement "in progress" de ses nouveaux espaces d'exposition de quelques 9000 m², le Palais de Tokyo invite toute une série d'artistes avant les travaux de rénovation. C'est Sophie Calle qui a ouvert le bal avec son installation Rachel, Monique












Comme à son habitude, l'artiste s'est choisi un sujet, apparemment banal, toujours autobiographique, et compose tout autour un univers élaboré, en forme de patchwork de photographies, vidéos, textes et autres objets. Il s'agit cette fois d'une réflexion autour du deuil, et tout particulièrement le propre deuil de sa mère. 

«Elle s'est appelée successivement Rachel, Monique, Szyndler, Calle, Pagliero, Gonthier, Sindler. Ma mère aimait qu'on parle d'elle. Sa vie n'apparaît pas dans mon travail. Ça l'agaçait. Quand j'ai posé ma caméra au pied du lit dans lequel elle agonisait, parce que je craignais qu'elle n'expire en mon absence, alors que je voulais être là, entendre son dernier mot, elle s'est exclamée: "Enfin"». Sophie Calle









Bien au delà de rétablir l'absence de sa mère dans son travail, Sophie Calle en fait une oeuvre d'art, la sublime et la fait perdurer dans le temps, comme la quête impossible d'une éternité rêvée. Cette recherche personnelle se fait sensible, touchante, et, malgré la force des images, toujours très pudique et énigmatique.  

Les dernières paroles de Monique - "Ne vous faites pas de souci" - avant son dernier souffle résonnent partout dans les espaces : "SOUCI" s'inscrit un peu partout, sur tout support. Le visiteur, devenu un ami de la famille, déambule entre des pierres tombales, passe sous une grande tête de girafe (achetée à la mort de sa mère, une image de substitution "hautement" protectrice) ou devant des plaques de marbres qui listent toutes sortes de maladies, assiste à l'agonie grâce à la vidéo projetée sur le fond d'un grand caisson en bois (tel le cadre intime de la chambre d’hôpital) et refait le parcours d'un deuil, celui d'une fille qui sème les souvenirs de sa mère pour lui redonner vie.

3 commentaires:

mzelle-fraise a dit…

zut, ratée.

plooom a dit…

valait le coup pourtant... juste histoire de dire keua ;)

J'ai flâné pour vous a dit…

Vue et appréciée !!

LinkWithin

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Rechercher dans ce blog